Cinéma Québécois

Quête

+

Rafales

Support(s)
35 mm
Durée
87 minutes
Année de sortie
1990
Budget
2 913 000

Un 24 décembre pas ordinaire

À Montréal, on est confronté à une exceptionnelle tempête de neige. Comme dans l'imagerie québécoise traditionnelle et quasi mythique, elle devient presque un personnage du film. Ce jour-là, Louis-Philippe Trépanier, animateur de l'émission de radio Montréalités, termine son émission avec cette phrase : « Il est temps que les gens qui appliquent les lois révisent leur code d'éthique.» Il se rend ensuite dans un centre d'achat pour se procurer les cadeaux traditionnels pour sa petite famille. Il est témoin d'un braquage censé rapporter 200 000 $ dans les bureaux de la grande compagnie Techna Plus. Apparemment réussi, le vol tourne mal pour le principal organisateur, mais son jeune collaborateur blesse accidentellement un père Noël et réussit à s'enfuir. Le journaliste suit ce fuyard et il le convainc finalement de le prendre lui-même en otage pour négocier avec la police la libération de son complice, que l'on apprend être son grand frère. Le tout s'achève par le suicide du jeune criminel bien innocent.

Un procès des médias

À la radio comme à la télévision, les cotes d'écoute font loi. Quand un journaliste devient le témoin d'un événement criminel, il est prêt à tout pour mousser sa carrière, même à proposer à un criminel naïf de se faire son otage pour négocier avec la police. C'est ainsi que les deux se retrouvent dans un studio du fameux poste CKGB pour une émission sensationnelle où l'intervieweur soutire le plus de confidences possible du jeune bandit Il sait toutefois que le stratagème a peu de chances d'aboutir. Son patron saute sur l'occasion profiter d'une cote d'écoute exceptionnelle. Il ne se préoccupe pas des conséquences : «C'est live, c'est exclusif, c'est de la radio». Le chroniqueur, de son côté, connaît une heure de gloire qui assure son avenir. La révision du code d'éthique qu'il réclamait quelques heures auparavant, il est le premier à la reléguer aux oubliettes.

Dédié à John Cassavetes (1929-1989)

Au début du générique initial apparaît cette phrase. Cassavetes vient de décéder et tout le monde dans le milieu du cinéma lui rend hommage. Le réalisateur américain s'est distancié de la manière hollywoodienne et, au lieu de l'action, a voulu mettre en valeur le jeu du comédien pour mieux révéler la psychologie des personnages. C'est ce que fait Melançon avec ses comédiens, surtout le personnage principal du jeune braqueur, qu'il réussit à montrer dans toute sa vulnérabilité. En fuite dans une remorqueuse, il est contraint par un policier qui ne le reconnaît pas à porter secours à une vieille dame gentille qui lui offre en cadeau le roman Les cerfs-volants de Romain Gary, récit d'amours qu'il ne lira finalement jamais.

Générique

Production : Claude Gagnon / Doris Girard (productrice associée (ONF)) / Yuri Yoshimura-Gagnon
Réalisation : André Melançon
Scénarisation : André Melançon, Denis Bouchard, Marcel Leboeuf
Montage : André Corriveau
Musique : Oswaldo Montès
Photographie : Pierre Mignot
Son : Serge Beauchemin
Direction artistique : Michel Proulx

Interprètes : Marcel Leboeuf, Denis Bouchard, Claude Blanchard, Sylvie Ferlatte, Monique Spaziani, Rémy Girard, Raymond Legault, Kim Yaroshevskaya

Prix et honneurs

À propos Contact Crédits
Site produit par : Site réalisé par : Turbulent Media
Avec la participation financière de :