Cinéma Québécois

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Hochelaga

Genre(s)
Film de gangsters
Support(s)
35 mm
Durée
127 minutes
Année de sortie
2000
Budget
1 000 000

Hochelaga en plusieurs sens

Hochelaga est un quartier en bonne partie défavorisé de Montréal, où la criminalité est contrôlée par des gangs de motards, toujours en guerre les uns contre les autres. Mais Hochelaga (ancien nom de Montréal) en langue iroquoise signifie aussi : «un endroit où l'on tend une embuscade». Marc, fils du quartier, se fait précisément amener dans une manigance et devient une marionnette pour un des gangs, les Dark Souls.

L'importance des «couleurs»

Marc n'est d'abord qu'un petit délinquant qui fait des vols de dépanneurs ou de résidences avec deux copains. Au tout début du film, il regarde à la télévision chez lui un documentaire sur des rites d'initiation plutôt violents dans les sociétés primitives. Ces rites apprennent aux jeunes hommes à maîtriser leurs peurs en apprivoisant la possibilité de mourir dans la violence. C'est ce qui va bientôt se passer pour lui. Quand il est recruté par le groupe des Dark Souls (il ne réalise pas que cela signifie «esprits maléfiques»?), ce n'est d'abord qu'un joyeux party avec filles faciles et multilitres de bière. Il ne comprend pas le message quand son copain graffiteur reproduit sur son mur Saturne dévorant ses enfants de Goya. Mais rapidement, pour conquérir les «couleurs» emblématiques du groupe («Les couleurs, c'est ta vie; ta vie c'est tes couleurs»), il doit participer à un massacre d'un groupe rival, puis à un premier meurtre. C'est une descente aux enfers qu'il n'aurait jamais imaginée. Comme épreuve finale, il doit assassiner le chef d'un gang rival, ce qu'il réussit, mais c'est au prix de sa vie, car son groupe a déjà décidé de s'allier avec d'autres «couleurs» et il n'a été qu'un pion dans une partie d'échecs mal formulée.

Les motards criminalisés

Bien que la réalité des groupes de motards criminalisés fasse régulièrement les manchettes des nouvelles télévisées, Hochelaga est le premier film à les décrire de l'intérieur. Non que le réalisateur-scénariste en ait fait partie, mais en tant que reporter, il a pu rencontrer plusieurs membres de gangs et il a pu comprendre comment il est facile pour un jeune homme qui cherche à canaliser ses énergies dans une voie déviante de se faire embobiner par des criminels qui savent profiter de sa naïveté. Dans ce milieu, le sang appelle le sang. Quand on le comprend, il est souvent trop tard. Dans le film, Marc ne réalisera jamais que son quartier de Montréal est «un endroit où l'on tend une embuscade» et qu'il sera une victime collatérale dans une guerre où il n'aurait jamais souhaité participer.

Générique

Production : Michel Jetté, Louise Sabourin, Baliverna Films
Réalisation : Michel Jetté
Scénarisation : Michel Jetté
Montage : Michel Jetté, Louise Sabourin
Musique : Gilles Grégoire
Photographie : Larry Lynn
Son : Bob O'Malley, Denis Saindon
Direction artistique :

Interprètes : Dominique Darceuil. David Boutin, Jean-Nicholas Verreault, Ronald Houle, Michel Charrette, Deano Clavet, Patrick Peuvion

Prix et honneurs

2000 : Prix Jutra du meilleur acteur de soutien à David Boutin

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