Au temps du cinéma muet
Antoine, enfant de dix ans découvre le destin de sa grand-mère à travers le journal intime qu'elle vient d'envoyer à son fils Madrigale Blaudelle. Talentueuse pianiste, Céleste Beaumont a quitté son village et sa famille nombreuse pour venir accompagner les films muets dans la salle de Campbellton. Elle y a obtenu un grand succès pendant quelques années, mais le cinéma parlant a fait disparaître son art. Elle a alors épousé un jeune bourgeois, dont elle a eu un fils. Mais, mal à l'aise dans ce milieu rigoriste qui n'acceptait pas ses fantaisies, elle l'a quitté pour s'en aller seule à New York et devenir pianiste de jazz. Antoine prend finalement le train pour aller rencontrer sa grand-mère.
L'intolérance d'un milieu bourgeois fermé
La vie n'était pas rose dans les années 1930, pour une jeune femme exubérante, contrainte d'épouser un jeune bourgeois qui la comprend mal et qui va perdre la vie à la guerre. Elle n'a pas le choix d'abandonner l'éducation de son fils aux grands-parents. Le film dénonce l'intolérance des milieux bien nantis. Mankiewicz le fait avec une esthétique tour à tour dynamique pour bien présenter Céleste, puis lente et sombre pour décrire le milieu bourgeois. «Mon intention avec Les portes tournantes était de faire un film où les personnages ne parleraient pratiquement pas, où tout se passerait dans le regard, les gestes, les silences, un film qui retrouverait la pureté du cinéma muet. » (F. Mankiewicz)