Cinéma Québécois

Quête

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Tranquillement, pas vite

Genre(s)
documentaire, étude sociologique
Support(s)
16 mm
Durée
148 minutes
Année de sortie
1972

Tranquillement, pas vite

Changer, mais pas «tranquillement pas vite»

En deux parties intitulées Que s'est-il donc passé? et Communauté de base, ce film présente une vision de l'évolution de l'Église catholique au Québec. Dans le premier volet, on constate que l'Église a des problèmes, parce qu'elle n'a pas changé alors que le monde autour s'est considérablement transformé. Dans un quartier ouvrier, des citoyens doivent décider s'ils peuvent garder ouverte leur église, le plus souvent vide. Pas très loin, des travailleurs procèdent à la démolition d'une église, improvisent pour la caméra des gestes iconoclastes dignes du meilleur Buñuel. Des stockshots rappellent le fameux congrès eucharistique de Québec, à peine dix ans auparavant; tout aussi anachronique, une bénédiction des malades à l'Oratoire Saint-Joseph de Montréal; le chapelet à la radio. Des fillettes se révèlent incapables de simplement lire ce petit catéchisme que leurs parents ont appris par cœur. Un vicaire de 26 ans exprime son incapacité de fonctionner dans les structures ecclésiales existantes.

En seconde partie, une communauté de base composée d'intellectuels se rassemble pour différentes activités généralement suivies d'une célébration eucharistique aux accents modernes : méchoui à la campagne, marche de dénonciation de la torture au Brésil, discussion sur le Front de libération du Québec et la mort de Pierre Laporte, manifestation de sympathie à une amie en deuil de sa sœur, expression d'un credo révolutionnaire, baptême de nouveau-nés.

Une photographie sans maquillage

Dans le Québec de 1972, Tranquillement, pas vite a soulevé un immense débat. Ce film de cinéma direct pur basé sur l'interview, dont le montage provoque souvent des contrepoints controversés (chant de « merci » pendant la démolition d'une église…), est apparu essentiellement iconoclaste. Il représente surtout le cri du cœur de catholiques de gauche, parfois séparés de l'Église depuis longtemps, qui tentent de redonner des formes à leur espérance, tant dans son expression spirituelle que politique. Dans la « maudite situation du Québec » en octobre 1970, ils veulent repartir à neuf. Il s'agit de trouver de nouveaux modèles de rapports humains, des lieux de parole plus efficaces que la taverne. Selon une boutade, l'Église, habituellement, n'accepte de se faire photographier que si elle est bien maquillée. Ici, celle du Québec se révèle sans fard, avec ses rides, aussi dans la naïveté touchante de jeunes adultes prêts à y investir une partie de leur espérance.

Générique

Production : Normand Cloutier pour l'Onf
Réalisation : Guy L. Coté
Images : Claude La Rue
Montage : Guy L. Coté
Son : Michel Hazel

Participants : Jean-Paul Audet, Marie-Rose Riel, Gilles Tremblay, Hélène Pelletier-Baillargeon, Nancy Coté, Yves Gosselin, Jean-Pierre Proulx, etc.

Prix et honneurs

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