Cinéma Québécois

Quête

+

Le frère André

Genre(s)
biographie religieuse
Support(s)
35 mm
Durée
87 minutes
Année de sortie
1987
Budget
2 375 909 $

Le frère André

Une biographie partielle

Des Actualités cinématographiques de 1937 relatant les funérailles du frère André (Alfred Bessette, 1845-1937) ouvrent le film et illustrent bien toute l'importance du personnage. Puis on entre dans une conversation imaginaire entre le frère André âgé de 61 ans, au moment du grand congrès marial de Montréal en1910, et de sa jeune nièce Marie-Esther. Cela permet la sélection des souvenirs et la «comparution» des témoins importants par le flashback. Le réalisateur fait apparaître les personnages dans la première chapelle (qui a précédé l'Oratoire Saint-Joseph) où a lieu la conversation et cela se révèle très judicieux, car il peut alors livrer une très grande quantité d'informations en peu de temps. Les images, avec éclairage des vitraux, sont alors d'une grande beauté. Nous n'assistons donc qu'à une partie de la vie du personnage, mais il est déjà un thaumaturge célèbre.

Un homme, un univers

     Comme portrait du frère André, Labrecque montre un homme assez simple, plutôt têtu, chaleureux dans ses contacts avec les «petites gens», religieux obéissant mais astucieux pour amener ses supérieurs à lui commander exactement ce qu'il voulait, doté d'un certain sens de l'humour (la nièce est bien contente de se faire dire par le saint homme de marier son amoureux plutôt que d'entrer chez les soeurs!)

     Mais Labrecque n'en est pas resté à ce portrait «à hauteur d'homme» comme on dit habituellement pour ses films. Sans approfondir, il suggère les principales pistes pour entrer dans l'univers spirituel du frère André: une foi naïve et profonde en un Dieu qui intervient sur la terre, la valeur rédemptrice de l'épreuve et de la souffrance, la puissance psychologique de la prière, l'effacement de soi («Je suis rien qu'un outil pour saint Joseph»). Avec humour, il fait expliquer par le frère que sa dévotion à ce saint particulier vient simplement de fait qu'il est le plus délaissé de la Sainte Famille, que même sainte Anne a trop d'ouvrage et que Joseph, l'humble et effacé charpentier est le plus à même de comprendre les «petites gens».

 Populisme ?

     Le film se moque des théologiens qui «emberlificotent» les réalités, des médecins et des supérieurs religieux qui manifestent beaucoup de réserves, alors que seules les «petites gens» peuvent comprendre la vraie foi. D'un côté, on assiste à une représentation de la foi du frère André qui tient presque de la superstition (insistance sur «l'huile de saint Joseph», sur sa naïveté) et de l'autre, on lui donne trop facilement raison ainsi qu'aux «petites gens» de s'opposer à tous ceux qui veulent réfléchir sur toutes les composantes de la situation. Il y a là un populisme et un préjugé anti-intellectuel qui étonnent dans un film des années 1980.

Un mot du réalisateur

«Ce qui m'a intéressé affirme Labrecque, c'est que le frère André était un marginal au sein de sa communauté. Il dérangeait. Et c'est finalement le public, la population, qui l'a aimé, l'a soutenu et qui a pour ainsi dire forcé la communauté des Sainte-Croix à ne pas l'exiler dans un coin perdu.» (L'Actualité, août 1987)

Générique

Production : Pierre Valcour
Réalisation : Jean-Claude Labrecque
Scénarisation : Guy Dufresne
Photographie : Michel Caron
Montage : André Corriveau
Musique : Jean-Vincent Bienvenue
Son : Michel Charron
Direction artistique : Ronald Fauteux
Costumes : Denis Sperdouklis

Interprètes : Marc Legault, Sylvie Ferlatte, Jean Coutu, Raymond Cloutier, Michel Cailloux, René Caron

Prix et honneurs

À propos Contact Crédits
Site produit par : Site réalisé par : Turbulent Media
Avec la participation financière de :