Cinéma Québécois

Quête

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Le bonhomme

Genre(s)
documentaire sociologique
Support(s)
16 mm
Durée
59 minutes
Année de sortie
1973

De la ville à la campagne, «changer de parc»


C'est l'été. Claude Lachapelle, ex-marin, ex-chauffeur d'autobus, laisse femme et enfants (dix) dans Saint-Henri pour aller vivre au bord d'un petit lac des Laurentides avec quelques intellectuels. Les dernières rencontres avec l'épouse sont plutôt houleuses : Yolande crache des réparties qu'aucun scénariste n'aurait osé inventer. De son passé, Claude ne conserve que la motocyclette. L'automne venu, lui et ses nouveaux amis forment le projet d'une commune. Avec une nouvelle «blonde», il assiste à une conférence de Lanza del Vasto, puis à une liturgie au monastère de Saint-Benoît du Lac; il redécouvre la nature.

Une nouvelle conscience de Dieu

«Il faut renaître de l'eau et de l'esprit», dit-on lors du baptême montré dans la première séquence. Tout le récit est construit sur l'opposition entre l'ancien monde (saleté de la ville, mariage traditionnel, travail routinier, famille nombreuse) et le monde nouveau, dans le but de faire connaître les valeurs californiennes mises à la mode par le mouvement hippie: musique rock, drogue, vitesse, vie en commune, naturisme, panthéisme (le «bonhomme», c'est le nouveau Dieu avec qui on communique directement), exploration de nouveaux niveaux de conscience.

Entre le désengagement et l'utopie

Le bonhomme pousse les possibilités du cinéma direct à leurs limites en mettant sur écran des personnes très colorées. Mais c'est moins d'eux qu'il s'agit que de ce que des intellectuels, dans la trentaine, vivent au début de la décennie 1970. Claude n'est au fond qu'une métonymie dans le discours du réalisateur: le sujet du film, c'est Pierre Maheu lui-même, avec Paul Chamberland (les cofondateurs de la revue Parti pris) et l'ex-journaliste Jacques Fontaine. Les événements d'Octobre les ont désabusés du militantisme politique et ils se réfugient dans le courant alternatif doux: puisque nous ne pouvons changer les structures politiques, changeons au moins ce qui est à notre portée et assurons-nous ainsi un minimum de bonheur et, qui sait, en convainquant suffisamment de gens de faire comme nous, peut-être créerons-nous une «société nouvelle» – nom du programme dans lequel s'inscrit cette réalisation. Et, effectivement, des centaines d'intellectuels québécois ont quitté la ville pour la campagne à cette époque.
Pour en savoir davantage sur ce film : http://pages.videotron.com/lever/Articles/bonhomme.html

Générique

Production : Normand Cloutier, Jean-Marc Garand pour l'Onf
Réalisation : Pierre Maheu
Images : Martin Duckworth
Montage : Claire Boyer
Musique : Luc Cousineau, Red Mitchell
Son : Jacques Drouin, Jean-Guy Normandin, Pierre Maheu

Participants: Claude Larochelle, Yolande Larochelle, Lanza del Vasto, Jacques Fontaine, Paul Chamberland, Pierre Maheu

Prix et honneurs

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