Cinéma Québécois

Quête

+

À la croisée des chemins

Genre(s)
drame religieux
Support(s)
35mm
Durée
97 minutes
Année de sortie
1943
Budget
2000 $

Dieu ou la femme?

Les vacances commencent pour Jean Leber. Ces jours de repos, baignés des «joies incomparables de la vie familiale», sont l'occasion d'une idylle toute pure avec Pauline, fille d'un associé de son père. Les deux font de «splendides rêves d'avenir». De retour au collège pour la dernière année du cours classique, le héros assiste à une conférence avec films sur les missions en Chine. «La lumière se fait dans l'âme de Jean», dit le commentaire; il sera missionnaire. Après quelques hésitations (rappel de Pauline…), il entre au grand séminaire, est ordonné prêtre et est envoyé en Mandchourie. Avant son départ, on assiste à un authentique départ de missionnaires, quand les gens chantent le cantique Qu'ils sont beaux les pieds des missionnaires… et qu'ils leur baisent les pieds.

Fiction et documentaires

De facture artisanale, mais joué de façon professionnelle par d'excellents comédiens, À la croisée des chemins se présente surtout sous forme d'images muettes, accompagnées d'une musique classique continuelle, avec peu de dialogues. Comme lors de la lecture d'un roman à haute voix, un narrateur dévoile ce qui se passe dans l'esprit des protagonistes. Le «documentaire» du missionnaire offre des vraies scènes de la Chine (tournées par le réalisateur quelques années auparavant), mais aussi des reconstitutions tournées à Laval près de la maison des religieux et intercalées dans le montage: de fausses scènes de la vie chinoise, surtout la séquence finale, la seule en couleurs, où Paul Guèvremont, avec barbe de missionnaire, se retrouve en Chine.

Une propagande efficace

Ce film présente peu d'intérêt cinématographique, sauf celui d'avoir été le premier long métrage de fiction sonore du Québec. Sa valeur réside dans ce reflet qu'il offre d'une époque méconnue, alors qu'un catholicisme triomphant suscitait des milliers de vocations vouées à l'évangélisation des «païens». Tout y est: préjugés de l'Église à l'égard des femmes, force de persuasion des prêtres sur les jeunes esprits, manipulation des valeurs (générosité, solidarité), impérialisme culturel. À la croisée des chemins ne connaît pas de diffusion commerciale, mais il obtient un énorme succès dans les collèges et les paroisses pendant une quinzaine d'années.

Générique

Générique

Production : Société des missions étrangères du Québec
Réalisation : Jean-Marie Poitevin et Paul Guèvremont (mise en scène)
Scénarisation : Jean-Marie Poitevin, adaptation de la pièce de Guy Stein La folle aventure, créée dans le cadre des fêtes du tricentenaire de la ville de Montréal en 1942.
Images : Paul Morin
Montage : Jean-Marie Poitevin
Musique : Fernand Gaudry
Son : Cinéma catholique de Québec
Direction artistique : Jean-Marie Poitevin


Interprètes : Paul Guèvremont, Denise Pelletier, Rose-Rey Duzil, Philippe Robert, Jean Fontaine, Denis Drouin, René Lévesque (narrateur)

Prix et honneurs

À propos Contact Crédits
Site produit par : Site réalisé par : Turbulent Media
Avec la participation financière de :