Le Labrador, dites-vous ?
Dans un champ qui se veut symbolique de «l'est de Goose Bay, ancienne capitale du Labrador», arrivent Ubald et ses quatre jeunes «camarades simples soldats» (dont le réalisateur) pour une période d'endoctrinement et d'entrainement. Ubald veut les «déconvertir à tout ce qui n'est pas communisme» pour se libérer des «maux du siècle». Il rappelle qu'«on s'est fait voler le Labrador en 1927» et qu'il faut s'engager politiquement. Bientôt, il y a une mutinerie et les «soldats» en viennent presque à assassiner leur chef. Des plans d'archives d'un avion primitif qui s'écrase parsèment le tout.
Une pochade
Dans Chroniques labradoriennes, Forcier, qui n'a que vingt ans, s'amuse à essayer toutes sortes de plans rapides et de mouvements de caméra. L'ensemble fait très amateur. Par son récit et ses références livresques, le faim apparaît comme une pochade parodique du Révolutionnaire de Jean Pierre Lefebvre et du Chat dans le sac de Gilles Groulx. Il n'est pas évident que Forcier sait où il s'en va, car il mélange le sérieux et le loufoque, atténue ses éléments provocateurs par des blagues faciles (le communisme qui permettra aux gars d'avoir des filles comme celles toutes nues sur les posters de Playboy). Forcier n'a pas encore trouvé le ton poétique et le fantastique social qui caractériseront ses productions suivantes.