Cinéma Québécois

Quête

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Le confessionnal

Genre(s)
drame psychologique
Support(s)
35mm
Durée
101 minutes
Année de sortie
1995
Budget
4 000 000 $

Sombre drame à Québec

    En 1989, après avoir passé trois ans à étudier l'histoire de l'art en Chine, Pierre Lamontagne revient à Québec pour assister aux funérailles de son père. En retrouvant Marc, son frère adoptif, il s'associe à sa recherche de son véritable père, ce qui ramène les deux frères en 1952, au moment où Alfred Hitchcock est en train de tourner I Confess  à Québec. La mère de Marc, Rachel, agée de 16 ans, travaille alors comme bonne au presbytère de l'église servant de lieu de tournage, et Raymond Massicotte, jeune prêtre, est son confesseur. Le passé et le présent s'enchevêtrent alors pour fournir des indices, parfois des fausses pistes. Ex-prêtre, Massicotte est devenu sous-ministre au gouvernement du Québec; homosexuel, il achète les services de Marc. Parcelle après parcelle, la vérité émerge, mais elle mène Marc au suicide. Pierre prend alors en charge le fils que son demi-frère avait fait avec une stripteaseuse.

Un premier film baroque, mais d'une folle créativité

    En 1995, Robert Lepage est reconnu depuis quinze ans pour ses activités théâtrales. Le confessionnal révèle son talent de cinéaste. Les cadrages, le jeu des éclairages et des couleurs manifestent un réel désir de cinéma. La composition de certaines images, dont celles dans le sauna ou celles du motel avec le train qui semble passer juste au-dessus, et les raccords audacieux relèvent du grand art. Si le passage de 1989 à 1952 n'apparaît pas toujours fluide, les plans où l'on glisse d'un temps à l'autre avec un simple mouvement de caméra vers une partie différente d'un même décor n'offrent aucune difficulté de compréhension. Lepage utilise aussi des scènes de I Confess ou des allusions à d'autres films d'Hitchcock (la scène de la douche de Psycho...) et il les enchaîne brillamment avec celles de son propre récit. Ce foisonnement complexe de scènes dans des milieux variés sert admirablement le propos. En dernière séquence, le sosie jouant le personnage d'Hitchcock souligne avec humour que ce récit n'est pas un suspense, mais une «tragédie grecque».

«Le passé porte le présent comme un enfant sur ses épaules.»

    La recherche du père, la quête des origines et le paradigme de l'orphelin ne sont pas des thèmes nouveaux dans le cinéma québécois. Mais Lepage les reprend de façon originale en les arrimant à la culture éclatée et métissée de la fin du vingtième siècle : les cultures étrangères, dont celles de la Chine et du Japon, enrichissent l'imaginaire local; les tatouages et les anneaux affichent le désir d'affirmation d'une nouvelle identité; les cabines de sauna, les sièges arrières de limousines ou de taxis, les isoloirs de danseuses nues ressuscitent métaphoriquement le confessionnal, etc. En redécouvrant le Québec de 1952 avec ses drames domestiques et l'étouffant pouvoir de l'Église sur les consciences, le spectateur peut mesurer combien toute la vie et la culture se sont transformées. Tant dans sa forme que dans ses thèmes, Le confessionnal apparaît comme une œuvre à la fois universelle, moderne et profondément enracinée.

Générique

Production : Cinémaginaire, Enigma Film Ltd, Cinéa (Denise Robert, David Puttnam, Philippe Carcassonne).
Réalisation : Robert Lepage
Scénarisation : Robert Lepage
Montage : Emmanuelle Castro.
Musique : Sacha Puttnam
Photographie : Alain Dostie
Son : Jean-Claude Laureux.
Direction artistique : François Laplante
Costumes : Huguette Gagné

Interprètes : Lothaire Bluteau, Patrick Goyette, Jean-Louis Millette, Richard Fréchette, Suzanne Clément, François Papineau, Kristin Scott Thomas, Anne-Marie Cadieux, Normand Daneau, Pascal Rollin.

Prix et honneurs

Prix Genie 1996 : Meilleur film, meilleure réalisation, meilleure direction artistique, prix Claude-Jutra (premier film) à Robert Lepage.

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