Cinéma Québécois

Quête

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Eldorado

Genre(s)
Comédie dramatique
Support(s)
35 mm
Durée
108 min
Année de sortie
1995
Budget
1 500 000 $

Une génération de «fuckés» ?
Un eldorado, c'est un pays imaginaire supposément rempli d'or et de richesses. Est-ce cela que recherchent les six personnages de ce film ?  Pas vraiment ! Ils sont plutôt de cette génération un peu confuse de Montréalais de 30 ans qui se cherchent eux-mêmes et qui explorent de multiples voies, dont aucune n'est un eldorado au sens traditionnel. Il y a la rescapée d'un suicide qui, en patins à roues alignées, parcourt le quartier et multiplie les petits vols ou trafique de la drogue. La petite boulote qui passe de thérapie en thérapie en espérant communiquer avec les autres humains et trouver l'âme sœur. La femme d'un petit couple d'amoureux qui tombe amoureuse d'un animateur de radio la nuit, lequel lance plein d'obscénités pour accrocher un public marginal. Une jeune bourgeoise qui veut le salut de l'humanité, victime de beaucoup de profiteurs. Les liens entre chacun se découvrent petit à petit.

Un blues de la métropole
Le scénario d'Eldorado s'est élaboré au gré des interprétations des six comédiens principaux improvisant leur rôle à partir de leur vécu ou de leur vision du personnage. Cette création collective a produit des sketches exceptionnels, comme celui de Pascale Montpetit chez un psychologue ou ceux de James Hydman dans ses émissions de radio. Charles Binamé les filme à la manière du cinéma direct, caméra à l'épaule, éclairages naturels, dans une liberté de mouvement qui crée une fluidité rarement vue et qui rappelle aussi la Nouvelle Vague française. Ces personnages se promènent surtout dans le secteur montréalais du Plateau Mont-Royal et ses ruelles, se retrouvent à la célèbre boîte des Foufounes Électriques et dans divers autres lieux undergrounds. Avec diverses musiques, mais surtout le violoncelle envoutant de Claude Lamothe, l'ensemble crée un «blues de la métropole» différent, une génération après celui que Beau Dommage a si bien chanté.

Et la suite ?
Avec certains des mêmes comédiens, dont Pascale Montpetit, Binamé va filmer deux autres volets à cette trilogie du «plateau Mont-Royal» : Le cœur au poing et La beauté de Pandore. On n'y trouve pas davantage l'eldorado. De l'ensemble se dégage surtout le mal de vivre de la génération trentenaire en fin du 20e siècle qui ne sait trop comment composer avec ce qui l'attend.

Générique

Production : Richard Lorraine, Alliance-Viva Films, Cité-Amérique

Réalisation : Charles Binamé

Scénarisation : Charles Binamé et les comédiens

Direction photo : Pierre Gill

Montage : Michel Arcand

Prise de son : Claude Beaugrand, Claude La Haye. Hans Peter Strobl

Direction artistique : André Guimond

Musique : Claude Lamothe, Francis Dhomont (musique acousmatique), Scott Price (musique rave)

Interprètes : Pascale Bussières, Robert Brouillette, James Hyndman, Macha Limonchik, Pascale Montpetit, Isabel Richer.

Prix et honneurs

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