Trudeau entre en scène
24 juin 1968 : les chars allégoriques défilent dans les rues de Montréal pour la fête de la Saint-Jean-Baptiste. Ils passent devant la tribune d'honneur où se tient Pierre Elliott Trudeau, nouveau chef du Parti libéral et Premier ministre désigné du Canada. On est en pleine « trudeaumanie » et l'aversion du politicien pour les séparatistes est bien connue. Soudainement, quelques activistes se ruent vers lui, et c'est la cohue. La police intervient et arrête 300 personnes. Parmi eux, deux militants de l'ombre, membres du FLQ, qui se feront connaître deux ans plus tard : Paul Rose et Jacques Lanctôt. Ils tireront d'ailleurs un fameux récit de cette journée mémorable : « Le lundi de la matraque ». Il y a eu une pluie de coups cette journée-là. Malgré les bousculades et les cris de haine surgissant de la foule à son endroit, Trudeau refuse, devant les caméras, de se mettre à l'abri. Le lendemain, il était élu Premier ministre du Canada.
Ce que la télévision n'avait pas montré
En reconstituant cette journée violente, Pascal Gélinas et Pierre Harel montrent l'autre côté de l'émeute : la répression des manifestants par les forces policières, avec ses coups de matraque et ses arrestations arbitraires... Les deux cinéastes ont recueilli les témoignages de quelques personnes arrêtées cette nuit-là, qui racontent les sévices qu'elles ont subis derrière les portes clauses du poste de police. Un peuple sans histoire était en train de s'en fabriquer une.