Cinéma Québécois

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Le viol d’une jeune fille douce

Genre(s)
comédie satirique
Support(s)
16 mm / VHS
Durée
81 min
Année de sortie
1968
Budget
45 000 $

La liberté sans la passion
Julia Lachapelle est une jeune dessinatrice technique qui mène une vie libre et insouciante, se donnant facilement aux hommes. Un jour, se plaignant de la monotonie de sa vie, elle se découvre enceinte, mais sans savoir de qui. Après avoir envisagé de se faire avorter, à trois mois de grossesse elle se met en ménage avec un intellectuel juif marocain nouvellement installé à Montréal. Sa voisine de palier, une anglophone, se suicide pendant cette période. Le mois suivant, son amant l'a quittée et ses trois frères débarquent chez elle, résolus à venger l'honneur de leur famille qu'ils considèrent bafoué par cette grossesse monoparentale, dont seul un violeur peut s'être rendu coupable. Julia les accompagne dans une mission punitive au lac Memphrémagog, où ils comptent châtier un homme que la jeune femme leur a désigné au hasard. En route, les trois frères font monter une jeune autostoppeuse, qu'ils violent plus tard dans un champ, pendant que leur sœur les attend dans la voiture. Ils se rendent ensuite chez le coupable désigné pour lui administrer une violente correction. Quelques mois plus tard, les frères sont arrêtés pour le vol d'une voiture. Quand elle accouche, Julia cherche d'abord à faire adopter son bébé. Elle finit par s'en attacher et se décide enfin à le garder.

Le très grave en très léger
Deuxième long métrage de Gilles Carle, après La vie heureuse de Léopold Z., Le viol d'une jeune file douce est son premier produit dans l'industrie privée. La société canadienne-française, traditionnellement matriarcale et paternée par une église omniprésente, y fait l'apprentissage de la modernité, où règnent la violence et l'individualisme. À la manière des films de la Nouvelle Vague française, les personnages restes détachés par rapport aux événements dramatiques qu'ils traversent : posant des gestes très graves, ils ne semblent préoccupés que de futilités. Les trois frères de Julia, Gabriel, Raphaël et Joachim, aux noms d'archanges, commettent des actes plus graves encore que ceux qu'ils vengent, sans que leur moralité ne soit remise en question.  Le ton du film, où la tendresse se développe sur un fond d'humour noir, où l'absurde est contenu dans les limites du réalisme, est annonciateur des œuvres futures de Gilles Carle.  À sa sortie, Le viol d'une jeune fille douce a été salué par des critiques canadiens-anglais comme le meilleur film jamais réalisé au Canada.

Fille normale dans une société anormale
«J'ai essayé de montrer, à travers la vie d'une jeune fille normale, dans une société anormale par son contenu de violence latente et de mépris calculé, comment la vie peut se dégrader imperceptiblement.»
Gilles Carle

Générique

Production : Pierre Lamy, André Lamy, Productions Carle-Lamy
Réalisation : Gilles Carle
Scénarisation : Gilles Carle
Direction photo : Bernard Chentrier
Montage : Yves Langlois, Gilles Carle
Prise de son, conception sonore : Raymond Leroux
Musique : Pierre F. Brault
Interprètes : Julie Lachapelle, Jacques Cohen, Katerine Mousseau, Daniel Pilon, Donald Pilon, André Gagnon

Prix et honneurs

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