Cinéma Québécois

Quête

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Red

Genre(s)
drame
Support(s)
35 mm / VHS
Durée
101 min
Année de sortie
1970
Budget
400 000 $

Le Métis traqué par ses frères blancs
Réginald Mackensie, dit Red, est un Métis noceur qui commet des vols pour satisfaire ses goûts de luxe. Le croyant coupable de l'assassinat de leur sœur Elizabeth, dont il était très proche, les trois demi-frères blancs de Red se mettent à sa recherche afin de rendre leur propre justice. Red et sa copine Georgette se réfugient dans une réserve algonquine, loin de Montréal, au beau milieu de la nature. Convaincu que le meurtrier d‘Élizabeth n'est nul autre que son mari Frédéric, Red décide de retourner à Montréal pour prouver son innocence : mais ses demi-frères le retrouvent.

Grande peinture du Québec
Red est un film d'action dont le décor est le Québec de la fin des années 1960 avec ses nombreuses dualités. Reginald Mackensie vit à cheval sur toutes les frontières qui triturent le Québec d'alors : celles qui séparent les Blancs des « Indiens », les Français des Anglais, les traditionnalistes des modernistes, le sacré du profane, la campagne de la ville. Rattaché à tous ces territoires, le Métis ne se sent jamais complètement chez lui dans aucun d'eux. Le film d'action est réussi, et la fresque québécoise y est plus grande que nature. Gilles Carle, soucieux de faire « du cinéma de constatation avant le cinéma de contestation », ouvre de nouveaux champs à la jeune cinématographie québécoise, encore très influencée par la Nouvelle Vague française : avec un ton qui lui est déjà propre, Red annonce ses futures œuvres majeures.

Film québécois co-écrit par un Italien
Pour son troisième long métrage (après deux premiers qui furent particulièrement bien accueillis à la fois par le public et les critiques) Gilles Carle dispose d'un budget de plus de 400 000 dollars, alors un des plus gros pour un film québécois : l'un des investisseurs est Famous Players, géant de la distribution, qui en est à sa première participation financière dans un film. Pour le rôle titre, Carle choisit Daniel Pilon, qu'il avait déjà dirigé dans Le viol d'une jeune fille douce et dont la carrière connaît un bel essor, puisqu'il revient d'Europe où il a tourné dans La voie lactée de Luis Buñuel. Et c'est Gratien Gélinas, le patriarche du théâtre québécois, qui tient le rôle de Frédéric, le mari de la jeune femme assassinée. Mais pour écrire ce film qui décrit si bien le Québec de son temps, Gilles Carle a obtenu la collaboration d'un ténor des lettres italiennes, le romancier Ennio Flaiano, qui a cosigné, entre autres, La notte de Michelangelo Antonioni. Mais Flaiano est surtout associé à Fellini, pour lequel il a écrit I Vitelloni, La strada, Les nuits de Cabiria, La dolce Vita et Huit et demi.

Générique

Production : Pierre Lamy, Productions Carle-Lamy
Réalisation : Gilles Carle
Scénarisation : Gilles Carle et Ennio Flaiano
Direction photo : Bernard Chentrier
Montage : Yves Langlois
Prise de son, conception sonore : Réjean Giguère, Raymond Leroux
Musique : Pierre F. Brault
Interprètes : Daniel Pilon, Geneviève Deloir, Gratien Gélinas, Fernande Giroux, Paul Gauthier, Claude Michaud, Donald Pilon

Prix et honneurs

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