Analyse d'un échec
Au lendemain de la défaite du « Oui » au référendum de mai 1980 sur la souveraineté du Québec, Denys Arcand critique les stratégies des dirigeants et le verdict populaire, les vouant sentencieusement au « Jugement de l'Histoire ».
Acteurs principaux d'un drame historique
Le film montre quelques-unes des grandes figures de l'époque, adversaires ou partisans du projet souverainiste, filmées dans le vif de l'actualité : on y reconnaît les Jean Chrétien, Paul Desmarais, Jean Drapeau, Guy Lafleur, Bernard Landry, René Lévesque, la reine Élisabeth II, Claude Ryan, Michelle Tisseyre, Pierre Elliott Trudeau et bien d'autres.
Héros des documentaires passés
Pour le bonheur des cinéphiles, Arcand a demandé à ses confrères cinéastes d'aller interviewer à chaud, dans la foulée du référendum, quelques personnages que leurs propres documentaires ont rendu célèbres : Jacques Godbout, Gilles Groulx, Robin Spry, Pierre Perreault ou Bernard Gosselin ont ainsi retrouvé des hommes et des femmes réels qui ont marqué le cinéma québécois et l'imaginaire collectif, et qui reviennent commenter l'actualité. L'effet est saisissant.
Les disciples de Machiavel
Mais le personnage principal du film, c'est Nicolas Machiavel, brillamment incarné par le grand homme de théâtre Jean-Pierre Ronfard. Comment ce penseur de la Renaissance a-t-il pu influencer le cours de l'histoire contemporaine du Québec ? En inspirant les stratèges du « Non », qui ont mené leur bataille en flattant les plus bas instincts du peuple et en l'endormant. Ainsi, les images du stade olympique occupé successivement par les floralies, les congrès charismatiques, le baseball, le salon de la moto ou le « fuck truck » touristique sont très éloquentes : du pain et des jeux, voilà tout ce que demande le bon peuple. Au diable la politique !