Cinéma Québécois

Quête

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Un homme et son péché

Genre(s)
Drame psychologique
Support(s)
35 mm
Durée
112 minutes
Année de sortie
1949
Budget
137 000$

L'abject Séraphin
À Sainte-Adèle, en 1889, la belle Donalda est fiancée à Alexis Labranche et les deux doivent se marier après le travail saisonnier qui emploie le jeune homme en diverses parties du pays. Mais entretemps, Donalda est donnée en mariage par son père à l'ignoble Séraphin Poudrier, le maire du village, un homme riche et avare qui tient tous les villageois par l'usure : le père de Donalda fait partie de ses victimes. La bonne Donalda consent à faire le sacrifice d'elle-même afin de soulager son père et de racheter l'honneur familial. Mais l'amour qui unit Donalda à Alexis reste intact. Leur martyre n'en est que plus grand.

Le grand classique québécois
L'écrivain Claude-Henri Grignon crée le personnage de Séraphin Poudrier dans un roman publié en 1933, intitulé Un homme et son péché. Trois hommes de Sainte-Adèle, dont le propre père de l'auteur, auraient servi de modèle à son héros. Le roman à succès est transposé en feuilleton à la radio, sur la scène, au cinéma, une première fois en 1949, réalisation de Paul Gury, sous le titre Un homme et son péché, et enfin à la télévision pendant plusieurs années. La dernière adaptation pour le grand écran, réalisée par Charles Binamé, a été l'un des plus grands succès du box office québécois. Les belles histoires des pays d'en haut a été écrit par Claude-Henri Grignon lui-même : de 1956 à 1970, les 495 épisodes du télé-roman ont fait les grandes heures de la télévision et causé pas mal de tort à la carrière artistique de Jean-Pierre Masson : il était si convaincant en Séraphin que les producteurs hésitaient à lui confier d'autres rôles !

Le western québécois
Les belles histoires des pays d'en haut racontent aussi la colonisation des Laurentides, au nord de Montréal. À la fin du dix-neuvième siècle, une grave crise économique pousse de nombreuses familles canadiennes-françaises à l'exode vers les Etats-Unis, où elles vont grossir le prolétariat. Pour détourner les masses de cette tentation, un prêtre de Saint-Jérôme, le célèbre curé Labelle, fut le grand promoteur de cette colonisation. Son personnage est tenu dans la série télévisée par l'acteur Paul Desmarteaux.

Le goût de la mortification
Les Québécois aiment haïr, que ce soit l'avare Séraphin Poudrier ou la marâtre Marie-Louise Andois, qui se sont rendus célèbres en torturant l'idéal féminin québécois : Donalda, la femme de Séraphin, personnage fictif, ou Aurore, l'enfant martyre, personnage réel, ont captivé les Canadiens français au milieu du vingtième siècle, en victimes dévouées, surpportant béatement tous les outrages.

Pour désigner l'avare
Claude-Henri Grignon a ruiné le joli prénom de Séraphin au Québec, où il ne désigne plus l'ange « brûlant » qui chante les louanges de Dieu, mais plutôt l'avare aux doigts crochus, qui se rend coupable de l'un des sept péchés capitaux : son homologue français s'appelle Harpagon, et c'est le personnage central de l'Avare de Molière.

Générique

Production : Paul L'Anglais
Réalisation : Paul Gury
Scénario : Claude-Henri Grignon / Paul Gury (adaptation
Direction photo : Drummond Drury
Montage : Jean Boisvert, Richard J. Jarvis
Costumes : Laure Cabana
Décors : Jacques Pelletier
Musique : Hector Gratton
Interprètes : Hector Charland, Nicole Germain, Guy Provost, Henri Poitras, Suzanne Avon, Ovila Légaré, Adjutor Bouré, Eugène Daigneault, Arthur Lefebvre, Armand Leguet, George Alexander, Juliette Béliveau, Julier Lippé, Lucien Martin, Camille Ducharme, Paul Guèvremont, Georges Toupin, Conrad Gauthier, Fanny Tremblay, J.R. Tremblay, Colette Dorsay, Blanche Gauthier

Prix et honneurs

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