Vers d'heureux rivages
Six migrants sans papiers, originaires d'Afrique du Nord et d'Europe de l'Est, payent les services d'un passeur pour quitter la France sur un cargo à destination du Canada. Cachés dans un conteneur, pour la plupart étrangers les uns aux autres, deux hommes, deux femmes, une enfant et un adolescent doivent composer avec les périls de cette prison sombre et insalubre où bientôt la promiscuité réveille la faim, la soif, la peur et la violence. Le calvaire se prolonge quand une panne de moteur immobilise le cargo en pleine mer. Les clandestins n'ont plus d'autre choix que de révéler leur présence à l'équipage et de s'exposer à de sévères sanctions. Attirés par le paradis canadien, tous ces malheureux ne survivront pas au purgatoire de la traversée.
L'invraisemblance du réel
Pour tous ceux qui désirent échapper à la misère ou à l'insécurité de leur pays natal, le Canada est perçu comme la Terre promise. C'est une illusion savamment entretenue par des gens sans scrupule qui s'enrichissent de la détresse des demandeurs d'asile. Parmi ces derniers, certains sont prêts à braver tous les dangers pour réaliser leur rêve d'une vie meilleure dans un pays stable. Le huis clos surréaliste imaginé par Denis Chouinard et Nicolas Wadimof est bel et bien inspiré de faits réels qui ont défrayé les manchettes dans les années 1980 et 1990, alors que le « Nouvel ordre mondial » autre promesse non tenue de paix sociale pour tous les pays en difficulté, était censé se mettre en place.