Pas de deux multiplié par effet d'optique
Margaret Mercier et Vincent Warren, danseurs étoiles des Grands Ballets canadiens, exécutent un pas de deux décomposé au moyen de l'imprimerie optique et de la stroboscopie.
La fascination du mouvement
Poursuivant sa recherche sur le mouvement, qu'il a souvent expérimenté en animant des images abstraites, Norman McLaren utilise ici l'expression la plus sophistiquée du mouvement humain : le ballet classique. Dans Pas de deux , les corps blancs des deux danseurs se détachant sur le fond noir, apparaissent, s'éloignent, se retrouvent, s'enchevêtrent, disparaissent puis se démultiplient. La décomposition du mouvement atteint un haut degré d'abstraction tout en éclairant la dynamique des relations du couple formé d'un homme et d'une femme.
Norman McLaren décrit ainsi sa technique : « À l'aide d'un trucage, nous avons réalisé une surimpression de chaque prise de vue sur elle-même environ 10 fois. Mais entre chacune des opérations, nous avons établi un décalage de cinq photogrammes. Le résultat donna dix impression de la même image (et du même mouvement), chacune avec un décalage d'un quart de seconde.»
François Truffaut, admirateur ému
« J'ai pu regarder à l'ONF Pas de deux ; j'ai été émerveillé et aussi très ému ; ce que vous faites est unique au monde, unique dans l'histoire du cinéma, j'avais les larmes aux yeux en regardant vos films...»
-François Truffaut à McLaren.
Ce que le cinéma a volé à la danse
Norman McLaren, né en Écosse en 1914 et décédé à Montréal en 1987, avait coutume de dire que s'il avait eu la chance de venir au monde à Londres, avec un encadrement propice, il serait devenu danseur puis chorégraphe. Mais par manque d'opportunités, il s'est plutôt tourné vers les arts appliqués et le cinéma, auquel il a apporté une contribution mondialement célébrée.