De critique à cinéaste
Après des études en lettres, Jean Pierre Lefebvre découvre sa vocation de critique cinématographique lors d'un séjour à Paris. De la critique, il passe à la réalisation de fiction, à la différence de la plupart de ses collègues qui ont été formés à l'école documentaire; après un premier court métrage, L'homoman, tourné avec un budget de 324 $, il tourne Le révolutionnaire, son premier long métrage, en 1965 : dans l'hiver canadien, l'entraînement de quelques jeunes émules du « Che » est perturbé par l'arrivée d'une jeune femme. En 1967, juste avant d'entrer à l'Office national du film comme cinéaste et producteur, Lefebvre tourne Il ne faut pas mourir pour ça, où le morne Abel, pendant une journée grise, va et vient entre sa mère mourante et les bras d'une ancienne maîtresse. Marcel Sabourin, qui tient le rôle principal, deviendra l'acteur fétiche du cinéaste. Abel reviendra d'ailleurs dix ans plus tard dans Le vieux pays où Rimbaud est mort et trente ans plus tard dans Aujourd'hui ou jamais.
Vers l'indépendance
Lefebvre est épris de liberté. Optant pour des films à plus petit budget, il choisit de quitter l'ONF après deux ans pour devenir indépendant. Avec sa femme Marguerite Duparc, qui est de toutes ses aventures comme monteuse ou productrice, il fonde Cinak et réalise enfin des films qui lui appartiennent complètement : Q-Bec my love, où les tribulations érotiques de Q-bec avec son patron Peter Ottawa, son amant Sam Washington et son mari Jean-Baptiste Bilingue nous donnent à réfléchir sur le voyeurisme au cinéma. Les dernières fiançailles, constitue son premier grand rendez-vous avec le public, avec la touchante histoire d'Armand et de Rosa qui refusent que la mort vienne les séparer.
Après Duparc
En plus de produire les films de Lefebvre, Marguerite Duparc produit deux longs métrages de Denys Arcand : La maudite galette et Réjeanne Padovani. Elle meurt prématurément en 1981, année où Lefebvre présente Les fleurs sauvages, sur la communication difficile entre une femme et sa mère. Ce film reçoit à Cannes le Prix de la critique internationale. Il fait des expériences vidéo avec L'âge des images, il signe un documentaire sur le sculpteur Alfred Laliberté et tourne le Manuscrit érotique en 2002. L'œuvre de Jean-Pierre Lefebvre, souvent déroutante, est reconnue comme celle d'un pionnier du cinéma indépendant canadien.
Au service de sa profession
Jean-Pierre Lefebvre est aussi président de l'ARRQ, l'Association des réalisateurs & réalisatrices du Québec, où il défend les intérêts de sa profession auprès des producteurs et des télédiffuseurs.