Cinéma Québécois

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Alanis Obomsawin

Année de naissance
1932
Métier(s)
Productrice, réalisatrice

Enfance abénaquise
Alanis Obomsawin est cinéaste, musicienne et artiste-graveuse. Née à Lebanon, au New Hampshire, d'un père guide de chasse et d'une mère guérisseuse, élevée dans la réserve d'Odanak près de Sorel, où elle est initiée à la richesse de sa culture par un cousin de sa mère, Alanis Obomsawin appartient à la nation abénaquise. À l'adolescence, sa famille s'installe à Trois-Rivières : seule Autochtone dans une école de Blanches, parlant mal le français et l'anglais, elle subit toutes les discriminations. En 1960, puisant dans ses racines amérindiennes, elle commence une carrière de chanteuse et effectue des tournées canadiennes, européennes et américaines.

La voix autochtone
En 1967, la CBC fait son portrait d'artiste engagée pour l'émission Telescope où elle est remarquée par deux producteurs anglophones de l'Office national du film : invitée comme consultante, elle y deviendra cinéaste et fera sa marque comme principale voix autochtone du cinéma canadien.

Sa première réalisation est le court métrage Christmas at Moose Factory (1971), où elle révèle les conditions de vie d'une communauté crie de la Baie-James à travers les dessins des enfants qui l'habitent. Elle enchaîne en 1977 comme productrice et réalisatrice d'Amisk et de Mother of Many Children. En 1984, dans Les événements de Restigouche, elle relate la « guerre du saumon » de 1981 et le raid mené par 550 policiers québécois contre la réserve mi'gmaq de Restigouche, où vivent à peine 150 personnes : elle confronte le ministre des Loisirs, de la Chasse et de la Pêche, Lucien Lessard, sur la légitimité des revendications autonomistes des Québécois par rapport à celles des Autochtones. En 1986, elle signe Richard Cardinal, le cri d'un enfant métis, sur le suicide d'un jeune albertain de 17 ans, 28 fois ballotté de maisons d'accueil en foyers d'hébergement : ce portrait bouleversant a forcé le gouvernement de l'Alberta à réviser ses politiques d'aide aux jeunes en détresse. Dans Sans adresse, en 1988, elle brosse un tableau de l'itinérance à Montréal, lot d'un trop grand nombre d'Autochtones.

La crise d'Oka
À l'été 1990, elle est aux premières loges de la très grave crise d'Oka, déclenchée par un projet d'aménagement de terrain de golf sur des terres sacrées des Mohawks : elle relate les événements tragiques et les tensions qu'ils ont générées dans Kanehsatake, 270 Years of Resistance : 28 prix internationaux ont salué cette œuvre, qui se prolonge avec Je m'appelle Kahentiiosta (1996), Spudwrench (1997) et Pluie de pierres à Whiskey Trench (2000), tous consacrés aux racines et aux conséquences de cette crise.

Les retours aux sources
20 ans après la guerre du saumon, c'est la guerre du homard de Burnt Church, au Nouveau-Brunswick, qui rappelle la cinéaste chez les Mi'gmaq, où elle critique les procédés du gouvernement dans La Courone cherche-t-elle à nous faire la guerre? (2002). Pour ses derniers films, Alanis Obomsawin est retournée sur les traces de son enfance : dans Waban-Aki : peuple du soleil levant (2006), une dame âgée évoque l'histoire de la réserve d'Odanak; dans Gene Boy revient chez lui (2007), elle retrace la guerre du Vietnam telle que vécue dans toute son horreur par son compatriote Eugene Benedict.

Filmographie

2007 : Gene Boy Came Home
2006 : Waban-Aki: People from Where the Sun Rises - Primé au Imagine Native Media Arts Festival
2005 : Sigwan
2003 : Our Nationhood
2002 : Is the Crown at War with Us?- Primé au Annual American Indian Film Festival, au Festival international du film et de la vidéo et au Indian Summer Deltavision Film & Video Image Awards
2000 : Rocks at Whiskey Trench - Primé au Festival of Festivals
1997 : Spudwrench
1996 : My Name Is Kahentiiosta
1993 : Kanehsatake: 270 Years of Resistance - Primé à 28 reprises
1986 : Richard Cardinal: Cry from a Diary of a Metis Child - Primé au Festival du film anthropologique d'Estonie, au National Educational Media Network Competition, au American Film and Video Festival et au Annual American Indian Film Festival
1984 : Incident at Restigouche
1977 : Mother of Many Children - Primé au Festival international du film arctique de Dieppe en France

Comme réalisatrice et scénariste

1991 : Le Patro Le Prévost - 80 Years Later
1988 : No Address - Primé au Annual American Indian Film Festival et au Festival international du film et de la vidéo
1979 : Canada Vignettes: Wild Rice Harvest Kenora

Comme réalisatrice

1992 : Walker
1987 : Poundmaker's Lodge: A Healing Place
1986 : Richard Cardinal: Cry from the Diary of a Métis Child
1984 : Incident at Restigouche
1979 : Gabriel Goes to the City
1977 : Amisk
1971 : Christmas at Moose Factory

Prix et honneurs

-Prix Luminaria pour l'ensemble de son oeuvre cinématographique remis par le Festival du film de Santa Fe
-Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène - Prix de la réalisation artistique remis en 2008
-Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques en 2001
-Officier de l'Ordre du Canada en 2001
-Prix de contribution exceptionnelle de la Société canadienne de sociologie et d'anthropologie (SCSA) remis en 1994
-Prix du mérite exceptionnel en réalisation remis par l'association Women in Film and Television de Toronto (WIFT) en 1994
-Prix national d'excellence décerné à des Autochtones par la Fondation canadienne des arts autochtones en 1994
-Membre de l'Ordre du Canada en 1983
-Doctorat honorifique en droit de l'Université Western Ontario (2007), doctorat honorifique en lettres de l'Université York, doctorat honorifique en droit de l'Université Concordia et doctorat honorifique en littérature de la Carleton University
-Bourse de recherche de l'Ontario College of Art

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