Cinéma Québécois

Quête

+

Maurice Bulbulian

Année de naissance
1938
Métier(s)
Réalisateur

Filmer et intervenir
Né à Montréal, formé en pédagogie, Maurice Bulbulian se dirige vers l'enseignement avant d'entrer à l'Office national du film au milieu des années 1960, où il réalisera d'abord une série de films scientifiques. En 1968, au hasard d'une promenade, il découvre un important projet de réaménagement urbain dans le sud-ouest de Montréal et s'intéresse aux inquiétudes des habitants du quartier qui doivent être relocalisés. Il tourne ainsi La p'tite Bourgogne, dans lequel il fait plus que donner la parole à des gens que personne n'a pensé consulter : il s'implique carrément dans leur cause. Le comité de citoyens se met en place et rencontre le président du comité exécutif de la Ville, Lucien Saulnier. Le fait est inusité : dans les années 1960, la ville est dirigée d'une main de fer par Jean Drapeau et la consultation publique ne fait pas partie des mœurs politiques du moment. C'est Bulbulian qui a eu l'idée de ce rendez-vous, organisé dans les locaux mêmes de l'ONF. La mission du cinéaste est tracée : utiliser le cinéma pour faire avancer des causes sociales.

La légendaire « Société nouvelle » à l'ONF
Avec Fernand Danserau, Michel Régnier et Robert Forget, Bulbulian participe au sein de l'ONF à un groupe de recherche sociale qui deviendra le légendaire programme communautaire « Société nouvelle », pendant francophone du « Challenge for Change » qui s'inspire des films de Colin Low. Là, les cinéastes se feront la courroie de transmission entre les citoyens et les responsables politiques, à une époque, raconte Bulbulian, où l'on trouvait des hauts fonctionnaires sincèrement motivés à servir la population. Le programme Société nouvelle produira plusieurs films de Bulbulian : Un lendemain comme hier (1970), sur l'exode rural, incarné par une famille originaire du Lac-Saint-Jean ; La revanche (1971), sur les mouvements coopératifs qui tentent de s'organiser dans l'industrie forestière; Dans nos forêts (1971), plaidoyer pour une gestion de proximité des ressources forestières, généralement livrées à la cupidité des multinationales.

Fenêtres ouvertes sur le monde
Bulbulian sort du Québec avec La richesse des autres (1973) où il établit les parallèles entre les mineurs québécois et ceux du Chili. En Ontario, il tourne la vie précaire des travailleurs saisonniers québécois, dans Les gars du tabac (1977); au Mexique, il s'intéresse aux paysans sans terres dans Tierra y Libertad (1978); avant la révolution de Thomas Sankara, il tourne en Haute Volta Cissin… 5 ans plus tard (1982), sur les efforts entrepris pour loger les paysans qui arrivent massivement à Ouagadougou, la capitale. Quand Sankara prend le pouvoir en 1984, Bulbulian retourne dans ce pays renommé Burkina Faso : Sur nos propres forces décrit les efforts du peuple burkinabè pour se libérer de la dépendance à l'aide internationale, suivant le mot d'ordre lancé par Sankara lui-même.

La cause autochtone
À partir de 1978, Bulbulian épouse aussi la cause des Premières nations, ce qui l'amènera du Nord québécois jusqu'à la côte du Pacifique : il documente la survivance de la chasse au castor chez les Innus de la Basse-Côte-Nord, dans Ameshkuatan – Les sorties du castor (1978); il suit trois dissidents inuit qui dénoncent la Convention de la Baie-James et la pénétration de leur territoire par l'homme blanc dans Debout sur leur terre (1982); il étudie l'attitude des Blancs dans les conférences constitutionnelles sur les droits autochtones dans Dancing Around the Table (L'art de tourner en rond, 1987), un film en deux volets qui seront primés tous les deux, notamment par l'Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC). En 1992, il réalise Salt Water People, une vaste fresque sur les autochtones de la Côte Ouest dont le mode de vie traditionnel est essentiellement tributaire de la pêche au saumon et de la qualité de l'écosystème nécessaire à sa reproduction. En 1996, Maurice Bulbulian quitte l'ONF pour fonder Tristan.com, qui produit Chroniques de Nitinaht (1997), dans lequel il accompagne la nation des Ditidahts sur le bord du lac Nitinaht, en Colombie-Britannique, dans la longue guérison des blessures causées par des générations d'abus sexuels.

Promouvoir les communications communautaires
Maurice Bulbulian collabore à la revue Recherches amérindiennes et s'implique auprès des Inuit du Grand Nord, en participant notamment au développement des télévisions communautaires.

Filmographie


1997 : The Nitinaht Chronicles - Primé par la Fondation Chalmers
1992 : Salt Water People (également chef monteur) - Primé par l'ONF et par l'AQCC)
1989 : Dancing Around the Table, Part Two (également chef monteur) - Primé par l'AQCC
1988 : Dancing Around the Table, Part One (également chef monteur)
1985 : Sur nos propres forces
1982 : Debout sur leur terre - Sesterce d'argent, Cissin... 5 ans plus tard
1978 : Ameshkuatan - Les sorties du castor, Les délaissés, Tierra y libertad (également chef monteur) - Sesterce d'argent
1977 : Les gars du tabac (également chef monteur)
1974 : La revanche (également chef monteur)
1973 :Richesse des autres (également chef monteur), Salvador Allende Gossens : un témoignage
1971 : En ce jour mémorable, Dans nos forêts
1970 : Un lendemain comme hier
1968 : La p'tite Bourgogne

Prix et honneurs

À propos Contact Crédits
Site produit par : Site réalisé par : Turbulent Media
Avec la participation financière de :