Cinéma Québécois

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Fernand Dansereau

Année de naissance
1928
Métier(s)
Réalisateur, producteur, monteur, scénariste

Journaliste des relations de travail
Fernand Dansereau commence sa carrière comme journaliste à La Tribune de Sherbrooke en 1950, puis au Devoir à Montréal, où il écrit sur les relations de travail. Il est congédié en 1955 lorsqu'il refuse de franchir un piquet de grève formé par les typographes du journal. À l'invitation de Pierre Juneau, il entre à l'Office national du film du Canada (ONF) dont le siège est alors à Ottawa. Dansereau est envoyé dans l'ouest canadien comme correspondant et en revient déçu, envisageant un retour à la presse écrite. Mais il se raccroche en se voyant confier l'écriture des scénarios Alfred J., pour Bernard Devlin, qui porte sur l'éducation syndicale, et Les mains nettes pour Claude Jutra. Il réalise aussi quelques documentaires ou fictions, comme la série Le maître du Pérou diffusée par Radio-Canada, sur les défis du monde rural. 

Un producteur pionnier de l'ONF
En 1956, l'ONF déménage à Montréal et met sur pied un secteur français qui deviendra un important laboratoire de création pour les cinéastes québécois. En 1960, Fernand Dansereau  y sera nommé producteur exécutif, puis directeur adjoint de la production. À ces deux titres, il sera l'une des âmes dirigeantes de ce nouveau secteur, en produisant, jusqu'en 1964, des œuvres fondatrices du cinéma québécois, comme Golden Gloves de Gilles Groulx, Bûcherons de la Manouane d'Arthur Lamothe ou encore Pour la suite du monde de Pierre Perrault et Michel Brault.

Réalisateur de fiction
Fernand Dansereau reprend son métier de réalisateur en 1965 avec un long métrage de fiction, Le festin des morts, pour lequel il dispose du plus gros budget alors jamais consenti à une production québécoise : 485 000 dollars. Cette histoire de missionnaire jésuite en Nouvelle-France est lancée à la télévision de Radio-Canada. À ce sujet, Fernand Dansereau raconte : « Ç'a été ma bataille d'Hernani. J'avais des gens qui étaient de fervents adeptes du Festin des morts, qui étaient très contents. Mais j'ai rencontré beaucoup de hargne aussi, venant à la fois du milieu des cinéastes, et du milieu des comédiens, qui n'avaient pas digéré que j'aille chercher un comédien français (Alain Cluny)… Le milieu québécois, qui vivait la révolte anticléricale, n'était pas intéressé à retrouver des curés sur l'écran. » En 1966, il réalise le court métrage Ça n‘est pas le temps des romans, où une femme jouée par la belle Monique Mercure fait le point sur sa vie amoureuse et familiale. Dansereau considère ce film comme son plus réussi. 

L'aventure sociale
En 1968, Dansereau termine une grande entreprise documentaire avec St-Jérôme : pendant près de trois ans, il a suivi et décortiqué la crise qui a frappé cette petite ville située à l'entrée des Laurentides, où beaucoup de gens ont été poussés au chômage par l'arrivée de nouveaux procédés industriels. Vingt-sept autres films ont été tirés des tournages effectués à cette occasion. Avec le long métrage Tout l'temps, tout l'temps, tout l'temps qu'il réalise en 1970, St-Jérôme témoigne des préoccupations sociales de Dansereau, qui avait créé dès 1967 le groupe de recherches sociales à l'ONF : tout en servant, comme producteur, l'approche anthropologique du « cinéma direct », il reste un cinéaste engagé à qui la cause des travailleurs tient énormément à cœur. 

Cinéaste indépendant
Fernand Dansereau quitte l'ONF en 1970 pour créer la société In-Media, réunissant des artistes, des musiciens et des cinéastes. Il reçoit aussitôt un mandat des  Sociétés Saint-Jean-Baptiste pour enquêter sur les sentiments profonds des Québécois à propos de la question nationale. Commencé une semaine après la mort de Pierre Laporte, Faut aller parmi l'monde pour le savoir, montre une société qui ne s'est pas laissé impressionner par la répression de la crise d'Octobre, et qui est mûre pour son autodétermination. De 1973 à 1978, Dansereau participe à la série documentaire Un pays, un goût, une manière, consacrée au patrimoine et à la culture populaire du Québec. En 1978, il tourne Thetford au milieu de notre vie, long métrage de fiction racontant la vie d'un couple employé par l'industrie minière. 

Scénariste pour la télévision
En 1984, Fernand Dansereau s'attèle avec beaucoup de plaisir à l'écriture d'un téléroman qui connaîtra beaucoup de succès : Le parc des braves, où il évoque le Québec pendant la deuxième guerre mondiale avec ses propres souvenirs d'enfance. Il écrit aussi deux miniséries pour le réalisateur Jean Beaudin : Les filles de Caleb, d'après le roman d'Arlette Cousture, et Shehaweh, un drame du 17e siècle où Marina Orsini incarne une Amérindienne enlevée par des Français qui veulent la « civiliser ».

Retour au long-métrage
En 1982, Fernand Dansereau avait tourné Doux aveux, avec Marcel Sabourin et Hélène Loiselle, long métrage de fiction sur le conflit de générations qui oppose des grands-parents à leurs petits enfants. Il faudra attendre 25 ans pour son long métrage suivant : en 2007, à la veille de fêter ses 80 ans, il sort La brunante, où l'on retrouve le personnage joué 40 ans plus tôt par Monique Mercure : atteinte de la maladie d'Alzheimer, une dame âgée part avec une jeune musicienne (Suzanne Clément) sur les lieux qui ont marqué sa vie. Ce film a été très bien accueilli, et Dansereau a toujours des projets de tournage.

Au service de l'industrie
Entre les réalisations et les scénarios, Fernand Dansereau est très impliqué dans l'industrie cinématographique québécoise. Il a siégé à la Commission d'étude sur le cinéma et l'audiovisuel du gouvernement provincial, et présidé l'Institut québécois du cinéma en 1984 et 1985. En 1990, il fonde l'Institut national de l'image et du son (INIS), dont il sera président pendant trois ans. En 2005, le gouvernement du Québec lui a décerné le prix Albert-Tessier, qui a couronné cinquante ans de carrière dans le cinéma québécois. Fernand Dansereau est aussi l'un des instigateurs du mouvement « Parole citoyenne », hébergé par l'ONF, qui donne une tribune aux jeunes cinéastes altermondialistes. 

La famille de Fernand Dansereau
Fernand Dansereau est le frère de Jean Dansereau, réalisateur, monteur et producteur et le père de Bernard Dansereau, réalisateur et scénariste.

Filmographie

Comme réalisateur

2007 : La brunante (également scénariste)
1994 : L'autre côté de la lune (également scénariste)
1982 : Doux aveux (également scénariste)
1980 : Thetford au milieu de notre vie (également chef monteur)
1977 : La déchirure, Le goût de la paix, L'ordre des choses
1975 : L'argent, Le beau savoir
1974 : Simple histoire d'amours
1972 : Vivre entre les mots
1971 : Faut aller parmi l'monde pour le savoir (également producteur)
1970 : Tout le temps, tout le temps, tout le temps?
1968 : À propos d'un colloque, La classe des finissantes, Le comité des chômeurs, Conférence de M. Jean Marchand, Confrontation, Dans une nouvelle usine, Édouard Sarrazin, Fernand Jolicœur, Jacques Grandmaison, Jean-Pierre Potvin, Jean-Robert Ouellet, Lionel Forget, Place des ouvriers dans l'usine, Portrait d'un syndicaliste et de sa famille : Édouard, Carmen et Luce Gagnon (également chef monteur), La promotion industrielle et deux de ses artisans, Le rôle des femmes dans le monde du travail, Saint-Jérôme (également chef monteur), Une entrevue avec M. Edwin B. Martin, Une entrevue avec M. Fernand Coupal, Une entrevue avec M. Guy Brossard, Une entrevue avec M. Guy Monette, Une entrevue avec M. Hubert Murray, Une entrevue avec M. Jean-Paul Corbeil, Une entrevue avec M. Lucien Rolland, Une entrevue avec Mme F. Roland Beaudry, Une entrevue avec Mme Louise Bouvrette, Une entrevue avec Monique Léonard, Zone désignée : le rôle des gouvernements
1966 : This Is No Time for Romance (également scénariste)
1965 : Astataïon ou Le festin des morts (également chef monteur)
1962 : Congrès
1961 : Les administrateurs
1959 : La canne à pêche, John Lyman, peintre (également scénariste), Pierre Beaulieu agriculteur (également scénariste)
1958 : Le maître du Pérou (également scénariste), Pays neuf
1956 : La communauté juive de Montréal (également scénariste)

Comme producteur

1965 : La mort de Gandji
1964 : Champlain, Paul-Émile Borduas : 1905-1960, Terra Nova
1963 : Pour la suite du monde, France Revisited, The Hour of Independence, Montréal - Manicouagan, Petit discours de la méthode, Rencontres à Mitzic, Rose et Landry, The Silent Partner, Un air de famille
1962 : À Saint-Henri le cinq septembre, The Broken Chain, Bûcherons de la Manouane, Day After Day, Les enfants du silence, Pour quelques arpents de neige, Québec-U.S.A. ou L'invasion pacifique, Voir Miami
1961 : Les Dieux, Golden Gloves, Manger
1959 : Marius Barbeau et l'art totémique, Marius Barbeau et le folklore canadien-français

Comme scénariste :

1984 :  Le parc des braves (télévision)
1958 : Les mains nettes
1957 : The Suspects
1956 : Alfred J. : 1re partie

Prix et honneurs

Lauréat du prix Albert-Tessier en 2005

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