Cinéma Québécois

Quête

+

Marcel Carrière

Année de naissance
1935
Métier(s)
Réalisateur, ingénieur du son, administrateur

L'art d'attraper le son au vol
Marcel Carrière débute dans l'industrie du cinéma en 1956 à l'âge de 21 ans, comme preneur de son à l'Office national du film (ONF). À ce titre, il participe à plus d'une centaine de productions. La souplesse et la débrouillardise de Carrière le rendent vite indispensable à toutes les équipes de tournage du glorieux secteur français de l'ONF. Par exemple, pour une scène des Raquetteurs (1958), il inaugure la prise de son en direct avec un équipement rudimentaire de sa conception. Puis, Carrière met à profit les progrès rapides de la technologie du son pendant le tournage du documentaire Pour la suite du monde (1963). Ainsi, la prise de sons ambiants sera l'un des éléments les plus caractéristiques de l'école du cinéma direct, avec la caméra mobile, tenue à l'épaule : ensemble, ces deux méthodes permettent de saisir sur le vif les éclats de génie d'Alexis Tremblay, dont la langue pittoresque et la sagesse feront partie des moments forts de ce chef-d'œuvre. Ces techniques donneront aussi une couleur originale aux premières œuvres du renouveau québécois de la fiction : À tout prendre de Jutra (1963) et Le chat dans le sac de Groulx (1964).

D'ingénieur du son à réalisateur
Grand professionnel, Marcel Carrière se voit confier la coréalisation de courts métrages, et bientôt la réalisation à part entière de plusieurs productions, marquées par son rire communicatif et son tempérament chaleureux. En 1969, il obtient beaucoup de succès avec son documentaire Avec tambours et trompettes sur les zouaves pontificaux québécois.

Trois oeuvres majeures de fiction
En 1973, il réalise un premier long métrage de fiction, O.K… Laliberté, une œuvre majeure du répertoire québécois, où Jacques Godin incarne un homme de 40 ans, sans emploi et sans le sou, qui vit une brève idylle avec une jeune femme avant d'être rattrapé par ses créanciers. L'année suivante, dans un moyen métrage, Carrière met en scène une famille qui se déchire autour d'un défunt : c'est Le grand voyage, écrit par Victor Lévy-Beaulieu. Son dernier long métrage, Ti-Mine, Bernie pis la gang… (1976), écrit par Jean-Pierre Morin, est une comédie sociale bien relevée qui met en scène deux frères, joués par Jean Lapointe et Marcel Sabourin.

L'ascension d'un technicien
Entre les fictions, Carrière tourne des documentaires : Chez nous c'est chez nous en 1973, et en 1974, Images de Chine. Avec Jean-Claude Labrecque, Jean Beaudin et Georges Dufaux, il signe les Jeux de la XXIe olympiade (1977), et puis en solo De grâce et d'embarras (1979). À la fin des années 1970, l'ONF nomme Marcel Carrière directeur du Comité du programme français; il sera successivement directeur des services, de la distribution et de la recherche et du développement. Aucun technicien francophone ne s'était élevé aussi haut dans la hiérarchie de l'ONF. Depuis sa retraite en 1994, Carrière reste très actif : il a participé à la création de l'Institut national de l'image et du son (INIS) et de la Phonothèque québécoise, tout en offrant ses services de consultant dans le domaine du documentaire.

Filmographie

Comme ingénieur du son

1968 : Ce soir-là, Gilles Vigneault…
1967 : La visite du général de Gaulle au Québec
1966 : Comment savoir
1965 : Astataïon ou Le festin des morts, 60 Cycles, La bourse et la vie, Regards sur l'occultisme (1re partie) – Magie et miracles, Regards sur l'occultisme (2e partie) – Science et esprits, You Don't Back Down
1964 : Jusqu'au cou, La fleur de l'âge, ou Les adolescentes, Geneviève, Le temps perdu, Le chat dans le sac
1963 : Pour la suite du monde, Rose et Landry, À tout prendre
1962 : Adultes avec réserve, À Saint-Henri le cinq septembre, Les enfants du silence Kindergarten, The Living Machine, Lonely Boy, Québec-U.S.A. ou L'invasion pacifique, Seul ou avec d'autres
1961 : Les administrateurs, Courtship, The Days of Whiskey Gap, Le jeu de l'hiver La lutte (également coréalisateur), Quatre instituteurs, The Test
1960 : Cyrias Ouellet homme de science, Ghost Hunters, Le prix de la science, This Electronic World
1959 : 1,500,000 of Us, Les 90 jours, Canada: World Citizen, The Little Sisters, Man of Music, Marius Barbeau et l'art totémique, Marius Barbeau et le folklore canadien-français, Prairie Bonanza, Report on Cancer
1958 : Le maître du Pérou, Les raquetteurs
1956 : La communauté juive de Montréal
1955 : Pour ou contre les étrangers, Raising the Hogs the Market Wants

Comme réalisateur

1979 : De grâce et d'embarras
1978 : La bataille de la Châteauguay
1977 : Jeux de la XXIe olympiade (coréalisation)
1976 : Ti-mine, Bernie pis la gang...
1974 : Images de Chine, Le grand voyage, Ping-pong
1973 : O.K. ... Laliberté (également scénariste), Chez nous c'est chez nous
1970 : 10 Milles/Heure, Hôtel-château
1969 : Saint-Denis dans le temps (également scénariste)
1968 : Épisode, L'indien parle
1967 : Better Housing for British Columbia (coréalisation), Avec tambours et trompettes
1966 : Bois-Francs, In Search of Medea: The Art of Sylvia Lefkovitz
1964 : Villeneuve, peintre-barbier (également chef monteur)
1963 : Rencontres à Mitzic

Prix et honneurs

International Grierson Award Gold Medal remis par la Society of Motion Picture and Television Engineers (SMPTE) en 1994

À propos Contact Crédits
Site produit par : Site réalisé par : Turbulent Media
Avec la participation financière de :