Rapide passage du théâtre au cinéma
Montréalaise, fille de Gaspésiens, Geneviève Bujold vit son enfance dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Après ses études secondaires, elle fréquente le Conservatoire d'art dramatique et se retrouve bientôt sur les planches, où elle joue les classiques jusqu'en 1965. Bientôt happée par le cinéma, elle ne reviendra à la scène qu'une fois, en 1989, pour jouer à Melbourne Jeanne au bûcher d'Honneger d'après Claudel.
Elle obtient un premier rôle au cinéma en 1961 dans le sketch québécois du moyen métrage Le temps des amours. Puis s'enchaînent rapidement Amanita Pestilens, La fin des étés, Geneviève (partie québécoise de la coproduction internationale La fleur de l'âge), La terre à boire. Son minois de femme enfant lui sert à merveille pour jouer les étudiantes.
La plus internationale des actrices québécoises
En 1965, alors qu'elle fait une tournée en France avec la troupe de théâtre Le Rideau vert, Alain Resnais la remarque et lui confie un rôle important dans La guerre est finie. C'est le départ d'une carrière internationale, favorisée par un parfait bilinguisme. En France, elle travaillera bientôt avec Philippe de Broca, Louis Malle, Claude Lelouch. Puis c'est l'Angleterre pour Ann of the Thousand Days et The Trojan Women. Elle est ensuite recrutée à Hollywood pour plus d'une vingtaine de productions de qualité inégale. Avec tous ces rôles, elle a l'occasion de jouer avec les meilleurs comédiens de son époque : Yves Montand, Jean-Paul Belmondo, Richard Burton, Donald Sutherland, Clint Eastwood, Keith Carradine, Michael Douglas, etc.
Mais elle ne néglige pas le Québec et le Canada
Tout ce temps, Bujold n'oublie pas ses amis québécois et canadiens. En 1967, elle interprète une serveuse de restaurant dans Entre la mer et l'eau douce de Michel Brault, rôle que Manon Briand, en un clin d'œil efficace à la décennie 1960, lui fera reprendre dans La turbulence des fluides en 2002. Elle sera de plusieurs autres films de cinéastes québécois. Claude Jutra lui donne un personnage à sa mesure dans Kamouraska. Avec Paul Almond, elle joue divers rôles à la télévision torontoise, puis une trilogie se déroulant au Québec, plus ou moins autobiographique de l'une et de l'autre, Isabel, Act of the Heart et Journey. Fidèle à Brault, elle le retrouve pour trois films dans les années 1980 et 1990.