La passion pour l'image
Bernard Gosselin étudie d'abord à l'Institut des arts graphiques, ce qui lui permet d'entrer à l'Office national du film au département des titres (génériques) en 1956. Il entre ainsi en contact avec l'équipe française qui est en train de se rassembler. Curieux de tout, il fréquente les salles de montage, questionne les uns et les autres au sujet du maniement des caméras. Il ne tarde pas à devenir assistant cameraman. En 1962, il prend la relève de Guy Borremans sur le tournage de Bûcherons de la Manouane, et voilà sa réputation de cameraman établie.
Un as du direct
Dès lors, Gosselin participe à fond à «l'aventure du cinéma direct» (G. Marsolais). Il collabore, en tant que directeur de la photographie, aux films de presque tous ses collègues, Claude Jutra, Pierre Patry, Marcel Carrière, Jean-Claude Labrecque, etc. Il participe intimement à plusieurs des films clés de Pierre Perrault (Le règne du jour, Les voitures d'eau, Un pays sans bon sens, Le goût de la farine, Cornouailles, etc.) Denys Arcand dit de lui qu'il fut son maître en techniques. Dans les années 1970, il cosigne avec Léo Plamondon, une série de courts métrages consacrés à des métiers traditionnels, sous le titre de «La belle ouvrage», expression qui pourrait s'appliquer à tout son travail.
Le réalisateur
Quand ce réputé documentariste signe son premier long métrage, c'est un film de fiction ! Le Martien de Noël, premier long métrage pour enfants, exige une grande débrouillardise technique et Gosselin relève le défi. Puis il réalise ensuite une suite de documentaires ayant pour sujet l'histoire et le patrimoine. Il fait du cinéma un puissant outil de la mémoire collective. Le secret de Gosselin : «une maîtrise absolue de ses outils – qui fait oublier les difficultés même du tournage – et une complicité non moins absolue avec les personnages qu'il choisit» (R. Daudelin).