Cinéma Québécois

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Claude Jutra

Année de naissance
1930
Métier(s)
éalisateur, monteur, scénariste, acteur, producteur, directeur photo

 


Médecin ? Cinéaste !
Fils de médecin et étudiant brillant, Claude Jutra s'oriente vers la médecine, qu'il termine à 22 ans. Mais il a déjà décidé de ne pas pratiquer cette profession et de
faire plutôt du cinéma. Dès ses 16 ans, quand son père lui donne une caméra 16 mm, il commence à tourner des scènes qui lui plaisent. Avec son camarade de collège Michel Brault, aussi un futur cinéaste, il signe ses premiers courts métrages à 18 et 19 ans. Pour ajouter des cordes à son arc, il suit des cours à l'école du Théâtre du Nouveau Monde et il peut bientôt jouer des rôles à la télévision qui vient d'entrer en ondes en 1952. Il y signe aussi un téléthéâtre et devient animateur d'une émission consacrée au cinéma, Images en boîte.

Bienvenu chez les pros
En 1954, il entre comme pigiste à l'Office national du film, institution où il travaillera de façon intermittente une grande partie de sa vie. Il y croise des professionnels, avec qui il perfectionne son apprentissage de plusieurs métiers du cinéma, même de l'animation. C'est ainsi qu'il sera pour toujours capable de toucher à tout, aussi bien devant que derrière la caméra. Bientôt, il scénarise, tourne et monte plusieurs productions. Amateur de voyages, il se rend en France et en Afrique où il établit de précieux contacts (François Truffaut, Jean Rouch). À l'Onf, avec ses amis de l'équipe française, Michel Brault, Gilles Groulx, Claude Fournier, etc., il participe à «l'aventure du cinéma direct» (G. Marsolais), qui instaure un nouveau style de documentaire. 

Les projets personnels
En 1963, après un tournage qui s'est échelonné sur deux ans, il signe À tout prendre, une fiction en partie autobiographique où il se révèle comme bien peu osent le faire au cinéma. Il y aborde des sujets jusque-là tabous comme l'amour interracial, l'avortement et l'homosexualité. Il est en phase totale avec les valeurs que la Révolution tranquille est en train d'instaurer. Reçu diversement, ce film le consacre malgré tout comme un cinéaste important, une voix et un regard dont il faudra tenir compte. 

Les grandes années
Avec les années 1970, Jutra réalise ses œuvres de maturité. Il y a d'abord Mon oncle Antoine, sur un scénario de Clément Perron. Le portrait attachant qu'il trace d'un jeune adolescent qui vit une veille de Noël pleine d'expériences marquantes, qui vont de la découverte de la sexualité à celle de la mort d'un garçon de son âge, rend ce film extrêmement séduisant. Puis, il coscénarise avec Anne Hébert l'adaptation de son roman Kamouraska, une coproduction avec la France. Suit Pour le meilleur et pour le pire, une comédie mi-amère sur le couple, qu'il scénarise et dirige. 

Une fin de carrière sans éclat
Au milieu de la décennie, l'industrie du cinéma vivant un creux de vague, Jutra accepte des propositions de travail à Toronto. Il en revient au début des années 1980 et coscénarise, avec Louise Rinfret, La dame en couleurs, où il reprend un de ses thèmes chers, l'enfance. Mais déjà la maladie d'Alzheimer l'atteint profondément et il s'enlève la vie en 1986.
Sa vie, Claude Jutra ne l'a vécue qu'à travers sa passion pour le cinéma. Il ne pensait et ne rêvait que de travail près des caméras. Quand il ne tournait pas, il était toujours prêt à aider l'un dans son montage, à suggérer à un autre des idées de scénarisation, même à tenir la caméra. Sur le plateau, il se mêlait de tout. C'est pourquoi la fin de sa vie a été si dramatique.

 

Filmographie

 

1985 : La dame en couleurs 

1985 : My Father, My Rival (TV)

1982 : By Design 

1981 : Surfacing

1979 : The Wordsmith (TV)

1978 : The Beachcombers (TV)

1977 : Arts Cuba

1977 : Dreamspeaker (TV)

1976 : Québec fête juin '75 (coréal. Jean-Claude Labrecque)

1976 : Ada (TV)

1975 : Pour le meilleur et pour le pire 

1973 : Kamouraska

1971 : Mon oncle Antoine

1970 : Marie-Christine

1969 : Wow

1966 : Rouli-roulant

1966 : Comment savoir

1964 : Cine boum (coréal. R. Russel)

1963 : À tout prendre 

1963 : Petit discours de la méthode (coréal. Pierre Patry)

1962 : Québec-U.S.A. ou L'invasion pacifique (coréal. Michel  Brault)

1961 : La lutte (coréal. Marcel Carrière, Michel Brault, Claude Fournier)

1961 : Le Niger, jeune république

1959 : Fred Barry comédien

1958 : Félix Leclerc, troubadour

1958 : Les mains nettes (TV)

1957 : A Chairy Tale (coréal. Norman McLaren)

1956 : Chantons maintenant

1956 : Pierrot des bois

 

Prix et honneurs

 

1984 : Prix Albert-Tessier

1972 : Prix Victor-Morin

 

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