Cinéma Québécois

Quête

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Gilles Carle

Année de naissance
1929
Métier(s)
réalisateur, scénariste, producteur


Le campagnard qui arrive en ville
Né à Maniwaki et élevé à Rouyn-Noranda, il vient à Montréal à 16 ans pour étudier aux beaux-arts et mener la vie de bohème. Il le fait sérieusement tout en pratiquant la contrebande de cigarettes, en écrivant de la poésie et en fondant les éditions de l'Hexagone avec Gaston Miron, en critiquant les spectacles dans plusieurs magazines, en faisant de la figuration dans divers théâtres, en travaillant comme graphiste à Radio-Canada. Et puis un jour, avec Louis Portugais et Gilles Marcotte, il découvre l'Office national du film.

«Je veux être réalisateur…»
On lui offre un poste de recherchiste et de scénariste. Dans un premier temps, il décline : il veut tout de suite réaliser ses idées. Mais il accepte s travailler dans l'ombre quelque temps, pour scénariser Le prix de la science et Tout l'or du monde que va réaliser Raymond Leboursier. Il a finalement sa chance en 1961 et s'enchaîne alors une série de courts métrages, documentaires et fictions, où il met à profit son sens de l'humour et son amour des personnages spontanés. Cette première période à l'Onf s'achève avec La vie heureuse de Léopold Z., où une commande d'un court métrage documentaire sur le déneigment à Montréal devient finalement une fiction sur les aventures cocasses d'un déneigeur la veille de Noël. Il reviendra dans l'institution fédérale pour y réaliser quelques documentaires vingt ans plus tard. 

La liberté, c'est parfois difficile
Pas facile de vivre de son métier de réalisateur dans les années 1960 et 1970. Carle réussit à le faire, mais c'est surtout en tournant des centaines de messages publicitaires. De peine et de misère, il réussit à terminer son premier long métrage indépendant, Le viol d'une jeune fille douce en 1968. Puis, avec divers producteurs, il enchaîne une série de longs métrages où il déploie toute la panoplie de son talent. Plusieurs se retrouvent en compétition ou en projection spéciale au festival de Cannes, dont La vraie nature de Bernadette, La mort d'un bûcheron, Fantastica. Le court métrage pour célébrer le cinquantenaire de l'Onf, 50 ans, y obtient une palme d'or. Les films n'obtiennent pas tous le même succès, mais aucun ne laisse indifférent.

Carle : un style unique…
Si la plupart aiment travailler leurs sujets en profondeur, Gilles Carle, lui, le fait en largeur… Il aime toucher à tous les genres, parfois les amalgamer dans le même film : pourquoi ne pas mêler fiction et documentaire quand cela donne de beaux effets ? Dans chaque film, on retrouve beaucoup de personnages tels les pièces d'un puzzle, beaucoup d'anecdotes, beaucoup de décors : il fait confiance au spectateur pour reconstituer l'ensemble et trouver la cohérence du tableau. Les personnages de femmes, joués surtout par ses muses (Carole Laure, Chloé Sainte-Marie…) deviennent ses sujets préférés. Il se méfie des films d'époque, qu'il qualifie d'«épocrites», mais il ne craint pas de s'y adonner, en ne se prenant pas au sérieux, tout en s'entourant de respectables historiens. Il aime les comédiens naturels, tels Willie Lamothe ou Donald Pilon, à qui il demande de créer leur rôle, mais il n'hésite pas à faire confiance à un comédien chevronné comme Gabriel Arcand, parce qu'il n'est pas identifié à des personnages types de séries télévisées.

Filmographie

 

 

1998 : Moi, j'me fais mon cinéma
1996-1997 : Épopée en Amérique - Une histoire populaire du Québec
1996 : Pudding chômeur
1994 : L'Honneur des grandes neiges
1994 : Le sang du chasseur
1992 : La Postière
1991 : Miss Moscou
1991 : Montréal off
1990 : Le diable d'Amérique
1989 : L'ONF 50 ans
1988 : Vive Québec!
1986 : La Guêpe
1985 : Cinéma, cinéma
1985 : Ô Picasso
1984 : Le crime d'Ovide Plouffe
1983 : Maria Chapdelaine
1982 : Jouer sa vie
1981 : Les Plouffe
1980 : Fantastica
1978 : L'Âge de la machine
1978 : Lonesome Riders
1977 : L'Ange et la Femme
1975 : A Thousand Moons
1975 : Les chevaux ont-ils des ailes?
1975 : La tête de Normande Saint-Onge
1973 : Les corps célestes
1973 : La mort d'un bûcheron
1972 : La vraie nature de Bernadette
1971 : Les chevaliers
1971 : Un hiver brûlant
1970-1971 : La feuille d'érable
1970 : Les mâles
1970 : Stéréo
1969 : Red
1968 : Le Québec à l'heure de l'Expo
1968 : Le viol d une jeune fille douce
1967 : Jeux de Jérolas
1966 : Place à Olivier Guimond
1965 : La vie heureuse de Léopold Z.
1964 : Percé on the rocks
1964 : Solange dans nos campagnes
1963 : Natation
1963 : Patte mouillée
1963 : Un air de famille
1962 : Patinoire
1961 : Manger
1961 : Dimanche d'Amérique

 

 

Prix et honneurs

2001 : le Jutra Hommage
1990 : Prix Albert-Tessier

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