Tourner pour survivre Très jeune, Jean-Claude Labrecque perd ses parents adoptifs et doit subvenir seul à ses besoins. Il photographie des mariages et travaille à l'Office du film du Québec (OFQ). C'est le réalisateur Paul Vézina qui lui enseigne ses premiers rudiments de caméra. De l'OFQ, il passe à l'Office national du film (ONF), où il est reconnu comme technicien rigoureux et avant-gardiste. L'homme des grands événements En 1965, le producteur Jacques Bobet, toujours inspiré, met Labrecque à l'essai comme réalisateur. Avec 60 cycles, qui couvre une épreuve cycliste au Québec, le jeune technicien confirme son talent de réalisateur et se mérite une vingtaine de prix. Il se voit alors confier la tâche de documenter les événements importants, comme La visite du général de Gaulle au Québec, les « Nuit de la poésie » (1970, 1981 et 1990) et les Jeux de la XXIe Olympiade (1977), auxquels il imprime subtilement son style très personnel, dans le ton du cinéma direct. Ses documentaires subséquents s'intéresseront souvent à des Québécois exceptionnels : le chansonnier Claude Léveillé, l'homme de théâtre Émile Legault ou le musicien André Mathieu. En 2003, À hauteur d'homme montre le premier ministre Bernard Landry de très près, jusqu'à la défaite de son parti aux élections générales : documentaire d'une rare force dramatique. En 2008, il offre Infiniment Québec à sa ville natale pour son 400e anniversaire. L'Émile Zola du cinéma québécois En 1972, la première fiction de Jean-Claude Labrecque, Les smattes, s'inspire d'une véritable histoire, dénonce le pouvoir abusif des « gens d'en haut » sur la vie d'un village de Gaspésie, village très représentatif du Québec rural soumis à une autorité qui ne le représente pas. Trois ans plus tard, il prend un ton plus intimiste dans Les vautours, sombre histoire d'héritage, qui connaît une suite avec Les années de rêves en 1984. Dans L'affaire Coffin, il prend la défense, posthume, d'un garde-chasse injustement pendu pour le meurtre de touristes américains. Serviteur dévoué de sa profession Depuis les années 1960, Jean-Claude Labrecque a signé la photographie pour nombre de ses collègues, comme Claude Jutra, Gilles Carle ou Gilles Groulx. Plus récemment, il tournait pour Bernard Émond La neuvaine et Contre toute espérance. Tout en réalisant une quarantaine de films et en assurant la photographie pour près de 70 films, il sera aussi président de la Cinémathèque québécoise, des Rendez-vous du cinéma québécois, du conseil des Jutra… Manifestation de génie En 1967, le général De Gaulle est attendu au Québec. « C'est une intuition que j'ai eue. Ça me semblait l'événement important, mais je me suis dit tout le monde va tourner ça, bien sûr. » Jean-Claude Labrecque s'étonne d'apprendre que personne ne planifie de tourner la visite du général. Il obtient finalement le feu vert de l'Office d'information et de publicité de la province de Québec, l'organisation responsable de la visite. « J'ai téléphoné à Michel Brault, à Bernard Gosselin, à Marcel Carrière, tous mes chums. Venez-vous passer une fin de semaine avec moi et De Gaulle à Québec? Tout le monde a dit oui sur les chapeaux de roues. » Il sera un des deux réalisateurs, avec Claude Fournier, à capter le fameux « Vive le Québec libre ». Intuition heureuse ou coup de génie?
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Filmographie
Comme réalisateur
1996 : Parents malgré tout (Télévision) 1990 : L'histoire des trois 1988 : Bonjour monsieur Gauguin 1987 : Le Frère André 1984 : Les années de rêves 1980 : L'affaire Coffin 1977 : Jean-Guy Pilon 1975 : Les vautours (également chef monteur) 1972 : Les smattes (également scénariste)
Comme réalisateur et directeur de la photographie
2008 : Infiniment Québec
2003 : À hauteur d'homme (également scénariste) - Primé aux Jutra 2002 : Le RIN (également scénariste) 1993 : André Mathieu, musicien (également producteur) 1982 : Marie Uguay 1980 : La nuit de la poésie 28 mars 1980 (également chef monteur) 1977 : Claude Gauvreau (également chef monteur), Gaston Miron (également chef monteur) Gatien Lapointe (également chef monteur), Michèle Lalonde (également chef monteur) Nicole Brossard (également chef monteur), Panneau réclame (également chef monteur) Suzanne Paradis (également chef monteur), Yves Préfontaine (également chef monteur) 1976 : Québec fête juin '75 1971 : La nuit de la poésie 27 mars 1970 (également chef monteur) 1970 : Essai à la mille (également chef monteur) 1969 : Canada the Land, La guerre des pianos 1968 : La vie (également chef monteur) 1967 : La visite du général de Gaulle au Québec (également producteur et chef monteur) 1965 : 60 Cycles 1963 : Lewis Mumford on the City, Part 6: The City and the Future
Comme directeur de la photographie 2007 : Contre toute espérance 2005 : La neuvaine 2001 : Mariages, La femme qui boit 1995 : My Name Is Kahentiiosta 1993 : Kanehsatake: 270 Years of Resistance 1992 : Une enfance à Natashquan 1986 : Comme un voyage avec Marie Eykel, Les vidangeurs 1985 : Le million tout-puissant 1976 : La veillée des veillées 1974 : Les beaux dimanches 1973 : Les corps célestes, La conquête 1971 : Les maudits sauvages, Fleur bleue 1970 : Un entretien sur la mécanologie I, Un entretien sur la mécanologie II 1969 : Pourquoi c'est faire?, Vertige 1968 : A Great Big Thing, Ce soir-là, Gilles Vigneault... , De mère en fille, Étude en 21 points 1967 : The Ernie Game, Entre la mer et l'eau douce, Le règne du jour, En octobre, The Invention of the Adolescent 1966 : Notes for a Film About Donna & Gail, The Purse, The Summer We Moved to Elm Street, Valley in a River, Volleyball, Where Mrs. Whalley Lives 1965 : Pas de vacances pour les idoles, City Under Pressure, Images d'un concours, La vie heureuse de Léopold Z 1964 : Jusqu'au cou, Le chat dans le sac, À tout prendre, Along Uncharted Shores, The Big Swim, Bonsoir, Monsieur Champagne, The Child of the Future: How Might He Learn (également chef monteur), Escale des oies sauvages, Françoise, The Hundredth Summer, Let's Discuss Smoking, Mémoire en fête, Solange dans nos campagnes, Une année à Vaucluse 1963 : Montréal - Manicouagan, Olympic Swimmers, Patte mouillée, Un air de famille, Un jeu si simple
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Prix et honneurs
Prix Albert-Tessier en 1992 Jutra-hommage en 2008
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